Une enfance n’écrit pas toute l’histoire


Cloé 44 ans a vécu une enfance, puis une vie d’adulte, marquées par une grande solitude, des responsabilités beaucoup trop lourdes pour une enfant, des évènements violents, des deuils et la consommation de substances comme une béquille. Ces citations sont extraites, avec l’autorisation de la narratrice, d’un témoignage d’une vingtaine de pages, recueilli par l’Association Témoigner & Partager.


« Sur ce chemin tellement difficile, j’ai tenu le coup et et j’ai exercé tous les métiers possibles, y compris des métiers dits d’hommes. J’ai travaillé dans la restauration, comme serveuse, barmaid, cuisinière et plongeuse. Dans le bâtiment, j’ai exercé comme plâtrière et plaquiste, et j’ai également réalisé de la pose de faux plafonds. Dans le commerce, j’ai fait de la vente en porte-à-porte, de la vente à domicile ainsi que de la téléprospection. J’ai également travaillé dans le nettoyage, comme femme de chambre et femme de ménage, ainsi que dans l’aide à la personne, comme aide à domicile. Dans l’agriculture, j’ai travaillé comme maraîchère et participé à la taille des vignes. J’ai aussi connu le secteur du transport, en tant que chauffeuse et livreuse. Enfin, j’ai travaillé dans l’industrie, comme opératrice et agente de production sur chaîne. Lorsque je regarde ces expériences si différentes, je me dis que j’ai dû vraiment m’adapter. »


« J’ai aussi traversé plusieurs pays avant d’accéder à un lieu où je pouvais enfin me poser et c’était souvent difficile car je n’allais pas bien. Mais ces voyages m’ont aussi apporté beaucoup de choses. J’ai découvert des cultures, des paysages et des habitants bien différents ».


« Aujourd’hui, mon plus grand rêve serait de vivre jusqu’à jusqu’à l’âge où mon fils pourra vivre sans moi. Jusqu’à 14 ans, je me disais tout le temps, si ma mère meurt je me suicide. Et, un jour, on se dit, si elle meurt je devrai l’accepter et je continuerai ma vie. Mon seul souhait aujourd’hui est de rester vivante jusqu’à ce que mon fils se dise que, sans moi, il pourra continuer sa vie. Au moins jusqu’à sa majorité, jusqu’à ce qu’il rencontre une petite copine qui pourra lui apporter de l’Amour. Pour cela, je dois trouver la force d’arrêter les addictions. Mais personne ne peut m’aider, je dois le faire toute seule pour l’amour de mon fils.


« En conclusion, je dirais que l’enfance peut expliquer certains chemins, mais elle n’en écrit pas la fin. La force de se relever, à chaque étape difficile, peut changer le destin. »


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